L’amertume du café et mauve lavande

Emergeant des songes, ses yeux étaient aussi fatigués que le ciel gris. Elle s’étira, languissante et pensa à lui. « mouais » prononça-t-elle d’une voix rauque. Ce qu’elle avait entendu la veille la contraignait à rester sur ses gardes. Malgré la journée qui s’annonçait en demi-teinte, elle voulu s’accrocher, un instant encore, à ses doux rêves. Ses lèvres dessinèrent un sourire.

Le café chahutait. Elle décida de le prendre au lit.

Quelque part, sur la digue du canal, des mouettes filèrent. Un homme s’affairait, inconscient de l’attention dont il faisait l’objet. L’univers l’avait à l’oeil. Cette fois, il ne devait pas déconner pensa t-il.

Mais malgré toute la bonne foi dont il pourrait faire preuve à l’avenir, peut-être était-ce à elle de limiter les dégâts et protéger son coeur des prémisses révélatrices.

Elle ne voulait pas s’activer. Son humeur changeait aussi vite que les nuages. Mi-figue, mi-raisins, elle souhaitait lui faire part de ses craintes sans plus tarder et lui dire ses quatre vérités. Et l’instant d’après, la sensation de la peau sous ses draps lui donnait envie de se blottir contre lui. S’il elle avait pu, elle aurait claqué des doigts et il se serait retrouvé là, allongé. Ses petits seins nus disparaîtraient sous ses paumes chaudes et le galbe de ses fesses indiqueraient le désir. Ils prendraient le temps de s’éveiller ensemble, complices et tranquilles, sur fond de bossa nova.

L’amertume du café subsistait sur sa langue. Certes, ces pensées étaient bien agréables mais elle s’en voulu de ne pas pouvoir fermer son coeur. Elle savait que c’était une dérive possible vers une nouvelle blessure. Quand on ne peut se protéger, il s’agit de s’éloigner. Une déception croissait avant même d’avoir pu régler l’affaire. Son sort était réglé sans qu’il ait été consulté.

Peut-on être à la fois tellement homme et encore enfant ?

Pour son plus grand malheur, elle l’aimait déjà. Lui, ses chiens, ses enfants, son passé. Elle acceptait le pack complet, et son amour s’étendait. C’était dangereux, elle le savait. Mais que pouvait-elle faire ? Se rappeler qu’elle était une chic fille. Que son avenir se profilait sous de bons auspices et que quiconque viendrait nuire à ses plans ferait mieux de dégager.

Je suis une perle dit-elle. J’attend qu’on me respecte. J’aime sans réserves et mon amour est grand. Si tu viens pour profiter de ça, passe ton chemin. Si tu viens pour me faire du bien, et grandir avec moi, alors tu seras comblé.

Partagée entre ces antagonismes, le coeur entre deux rives, elle regardait la danse des drapeaux de prières et bob dylan chantait sa ballade.

Son coeur souffrait beaucoup car l’amour était plus fort que ses raisons.

Elle demanda à l’univers, ses anges et ses gardiens de veiller sur elle. De faire en sorte, que l’homme indien agisse avec honneur, respect et intelligence. Elle avait l’aura d’une femme de chef.

Elle se souvint qu’il lui avait confié que c’était à lui et non pas à elle de se méfier. Loin d’être la proie dans la toile, il la dessinait comme une femelle alpha. Mouais, n’empêche, c’était un grand séducteur. Il avait reçu son pouvoir d’attraction des dragons et il se nourrissait d’amour et de vie. Elle ne voulait pas être comme toutes ces femmes belles et séduisantes. Elle serait forte.

Il lui avait répété qu’il sentait une connexion. Elle regarda les nuages et demanda au vent de souffler vers les péniches. Elle sourit. Elle espérait qu’il mûrissait ses intentions et se signalerait dès qu’il serait fixé sur son honnête conduite.

On ne joue pas avec moi. Que les choses soient claires. Les jeux et les masques sont fait pour les incertains. Que vive la congruence et maudis soient les destructeurs. Le pouvoir de l’amour est grand et démultiplie l’énergie au couleur de l’arc-en-ciel. Elle se leva, huma la lavande et entreprit de faire quelques salutations au soleil.

Pourquoi je vis? (adapté de Boris Vian)

La consigne: reprendre les première et dernière phrase de ce poème de B. Vian et respecter les pentasyllabes
 

Why I’m living now ?

Why I’m living now ?

Love morning wake up

during the flic-floc

in the magic sky

Red passion flower

honor feelings

and a hot black coffee

Feel the sweetest things

look like yellow rays

on your tanned skin

Always smiling

playing with children

and froggy umbrella

planting green seeds

Jolly sun is shining

into my heart

White dove of peace

even if darkness

and hulking fightings

are turning the world

because I believe

in a day light

and a purple mind

Fabulous humanity

is growing up

And I assure you

it’s possible

to build the same dream

Why I’m living now ?

Life is a rainbow

precious and lovely

Life is a rainbow

postalement dédicacé à Gérome

 » Un nouveau jour se lève. L’air est doux. Pieds nus dans le sable un chiot me suit.

  Papaye, ananas, raisins composent mon déjeuner.

  Devant mes yeux, la mer… et sur un fil, un martin pêcheur.

  Je contemple et je souris.

  Il tourne sur lui-même Comme pour que je puisse mieux admirer son plumage chatoyant

  Merci l’oiseau, grâce à toi ma journée commence en turquoise «