Manifester n’est pas un crime

La foule déambule

Crie sa rage chante refuse accuse

Ils sont là,

les forces de l’ordre lui faisant face

armés rodés blindés

-oserais-je dire apeurés?-

La masse scande des slogans scotchants

des scélérats s’y sont immiscés

hargneux, l’arme au poing, ils foncent

Soudain, c’est la débandade.

des mouvements désordonnés,

des gens allongés, piétinés

Les matraque frappent

les coups pleuvent

Pieds et poings liés

des innocents sont arrêtés

La manif a dérapé.

c’est la triste révolte des indignés

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Nous sommes les puceaux du Québec

dédicacé à Laurent

« Nous sommes les puceaux du Québec

les touristes de la belle saison

ceux qui n’ont pas connus l’hiver

mais qui s’imaginent s’y plaire

Nos cabanes au Canada

sont faites de paille

dont vient à bout sans mal

la première bise glaciale

Toutefois, un pays vaste en parcs et forêts

en érable, cidre et bleuets,

s’ouvrira à ceux qui persévèrent

ils connaîtrons alors les saisons en rouge, en blanc et en vert

Nous sommes les puceaux du Québec

les prospecteurs de la belle heure

des rêves plein la tête et un avenir réformé

en quête d’une place et de papiers »

Bruxelles-Gembloux

Façades grisâtres, échafaudages métallisés, essais calligraphiques colorés

les antennes percent les nuages

je tangue lentement sur les roulements du train

tubes de néons

les potagers, vainqueurs, fleurissent le long des voies

un clocher pointe fièrement dans un ciel puissamment bleu

la végétation reprend ses droits

abondante ironie

délicieux patchwork urbain

des sièges rouges esseulés, un quai quasi désert

puis deux ventres nus bedonnants se baignent de soleil et tremblotent au rythme de la fraîcheur de l’houblon

les tuyaux rouges et bleus courent le long des rails

les culottes de grand-mère sèchent au balcon pendant qu’elle s’affaire à la vaisselle

les jardins succèdent aux terrasses

les quatre façades remplacent les quatre étages

des vagues terrains aux blés des champs

les graffitis et panneaux solaires se font concurrence

Et déjà les vaches me rappellent que les moteurs des chevaux sont derrière moi

les éoliennes au loin annoncent fièrement l’imminente arrivée vers ma destination

Bienvenue sur en gare de Gembloux, terre de l’agrobiopôle

je quitte bruxelles et mon train-train quotidien.

Pourquoi je vis? (adapté de Boris Vian)

La consigne: reprendre les première et dernière phrase de ce poème de B. Vian et respecter les pentasyllabes
 

Why I’m living now ?

Why I’m living now ?

Love morning wake up

during the flic-floc

in the magic sky

Red passion flower

honor feelings

and a hot black coffee

Feel the sweetest things

look like yellow rays

on your tanned skin

Always smiling

playing with children

and froggy umbrella

planting green seeds

Jolly sun is shining

into my heart

White dove of peace

even if darkness

and hulking fightings

are turning the world

because I believe

in a day light

and a purple mind

Fabulous humanity

is growing up

And I assure you

it’s possible

to build the same dream

Why I’m living now ?

Life is a rainbow

precious and lovely

Le réveil

Ce matin

elle tartine ses envies

Elle se sent en vie Elle vit dans son futur

Qu’elle avait grillé ses possibilités

qu’elle s’était complètement plantée

Encore beurrée de la veille

elle sommeille

au dessus de son café

et rêve à faire table rase du passé

La tasse fumante entre les mains

elle décide de se reprendre en main

Elle va commencer par sucrer son mec

C’est une histoire trop corsée,

et la dernière dispute, trop difficile à digérer

Elle va désormais prendre soin d’elle

Tiens, pourquoi pas une épilation au miel ?

Une kyrielle de choses gourmandes et plaisantes

l’attendent sur un plateau d’argent

La voilà la solution,

Elle va casser son cochon !

Ça lui sert à quoi d’économiser pour des projets bidons ?

Elle est bornée, décidée

Il est temps de stopper

ces mésaventures

avant qu’ça parte en déconfiture

La vie est une gourmandise Et notre temps s’amenuise…

Insert coins

Fiévreux dans cette fastueuse fédération de jeux,

je fonds fermement le jeton dans la fente

Je suis fou de félicité, le féru fêlé

fébrile fanatique à la poursuite du fruit farceur

qui feint disparaît réapparaît tel un fantasque farfadet.

Le fascinant défilé des suites filent sous mes yeux affolés tandis que ma main fourmille.

Pomme Poire Pêche Abricot je veux l’abricot

Arg j’ai failli ! Je failli affolé affaibli c’est la défaite J’ai une faim d’ogre de cette sotte compote addictive

Je grogne grommelle et rode mon jeu

ma face blafarde se façonne au rythme des roulements impatients

je fabrique mes fabulations

flambeur je tiens fermement à ma fierté.

L’Abricot foutu fétiche.

La roulette rythme mes heures

Je suis le glouton impatient attendant son bonbon Le magicien de la manivelle Le mignon de la manigance Je suis en transe je subi survit revis les combinaisons injouables ininterrompues

J’initie j’intime je devine j’injurie mon intime qui me met au régime me défie me dévore m’ignore.

Sublime Machinator me sous-estime Je suis bien loin des abîmes Après tout, ne suis-je pas le grand matador ? Le conquistador ?

je martèle et tambourine la machine. Tabernac ! Connerie d’abricot Fichu tacot Tu vas t’activer ?

La vitesse avec laquelle le vide-pièce vomi ma victoire me vivifie

loin d’être une vétille mon vestige virevolte chantonne dégringole sans vergogne

Sur l’écran, là, les 3 symboles volent derrière le voile de ma surprise

Aviné, invincible je vidange mon irrépressible vessie Et je vacille

Les petits plaisirs

 à la famille Raemdonck-Didelez 

 » Une ribambelle de belles frimousses pastels

parsèment les pavés de l’allée

Des soleils jonglent la jungle colorée

de mon jardin adoré.

La marelle, là,

attend, patiente,

la prochaine pause des enfants du quartier

Heure du thé, odeur d’été.

Les petiots crayonnent des arc-en-ciel

aux tracés imprécis

fusionnent étoiles et autres merveilles

sorties de l’imaginaire débonnaire.

Excès de simplicité, candeur d’authenticité.

La gourmandise dévorante d’une palette de futurs souvenirs

créés au milieu de l’antre de l’enfance

Les miettes des restes de cake chocolaté

appellent les volatiles batifolant dans le plaisir présent,

inconscients aux jeux inventés, très sérieusement incarnés,

qui peuplent le quartier

J’arrose ma plénitude de ces petits bonheurs cléments

Je savoure sans détours ces jours troubadours

Là, la farandole étiolée,

témoin d’absolues vérités,

restera à jamais dans mon coeur gravée »